T'ai je rendue heureuse ?


Ô mon adorée, ma tache lumineuse,

Toi qui m'aimes en secret, sans pouvoir l'exprimer

et qui me gardes en toi comme un trop lourd péché,

Toi que j'aime toujours et qui doit le cacher

et que je porte en moi, sans te quitter jamais,

Dis moi, quelque fois, t'ai je rendue heureuse ?


En t'offrant mes mains, mes lèvres amoureuses,

mes gestes, mes regards, mes lettres passionnées,

En disant que pour moi tu étais enchantée,

que ton coeur et mon coeur étaient donc aimantés,

En bousculant ta peur pour un jour fusionner,

Dis moi, quelque fois, t'ai je rendue heureuse ?


En buvant ton eau, ma source merveilleuse,

tes sourires, ta voix, les élans de ton coeur,

En respirant ton air, en goûtant ta chaleur,

Tu es passée en moi, j'ai compris ta valeur;

En m'enivrant de toi, à force de liqueurs

Dis moi, quelque fois, t'ai je rendue heureuse ?


En mêlant nos pas et nos têtes rêveuses,

le temps de s'envoler, de planer hors du temps,

En unissant nos mains pour écouter nos sangs

se confier le secret d'un amour débutant,

En fondant nos lèvres d'un baiser innocent,

Dis moi, quelque fois, t'ai je rendue heureuse ?


Ô femme chérie, ô ma fleur capiteuse,

En te parlant d'amour, en te tirant vers moi,

En venant dans ta vie, en m'approchant de toi,

Au lieu de m'écarter et de penser à toi,

En trop te demandant de t'appuyer sur moi,

Dis moi, quelque fois, t'ai je rendue heureuse ?



C . T