Rouleurs couchés

 


Les uns, au ras du sol, enflamment le bitume

Puissances de lion, légèretés de plume

Leurs coeurs battent, endiablés, comme marteau l'enclume

Corps fuselés, tendus, pour déchirer le vent

De leurs muscles rageurs, ils écrasent le temps.

 

D'autres, moins bas couchés, pédaleurs au long cours

Des routes, des chemins, du monde font le tour

Infatigables, ils vont, réguliers, tout le jour

Plus alertes que mulets mais presque aussi chargés

Cherchant par monts par vaux les horizons cachés.

 

D'autres, plus haut perchés, s'attaquent aux forêts

Aux sentiers ravinés, aux revers des fossés

Où l'on ne passe pas, ils parviennent à passer

Trottoirs ou escaliers, à défaut de nature

Leur tiennent lieu de défis et même d'aventures.

 

Enfin, ils sont nombreux, tous les rouleurs rêvant

Amateurs de soleil, de caresses du vent

De solides amitiés et d'échanges courants

Dénicheurs avisés de couleurs et d'odeurs

Ils pédalent, ouverts, partageant leur bonheur.

 

C.T le 1er avril 04

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