Au fil des pas

 

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Conclusion

 

Le réveil n'a pas sonné. Il fait grand jour. C'est donc fini ? Quel vide ! Une dernière fois, nous nous étonnons devant nos corps. En route pour la Dordogne.

Nous sommes impatients de partager notre butin, mais Tizou et Vivi ne sont pas chez eux. Nous surprenons Henri, qui ne nous attendait pas si tôt, d'autant que Loulou, Tizou et Vivi sont partis à notre rencontre au dessus de Banyuls. L'idée nous vient d'aller les y rejoindre en rejouant une partie de la dernière étape, mais les forces manquent.

Nous allons voir les Neyrats, qui me trouvent particulièrement amaigri, et Odette nous invite à fêter notre retour chez elle, dès que nos amis seront de retour de Banyuls. Ensuite, nous allons chercher notre bouvier des Flandres chez les Têtes. "La montagne l'a trouvé !" s'exclame Monsieur Tête, devant ma figure émaciée. Vix est fou de joie de nous retrouver. Il multiplie les cercles, les sauts, les simulacres de morsure, puis, brusquement part jouer avec le chien de la maison, un springer spaniel nommé Silex.

Le lendemain passe à attendre le retour de nos amis.Avec Madame Neyrat, nous montons une petite comédie qu'elle jouera à leur arrivée.

Voici leur voiture ! Odette s'éclipse pour ne pas éclater de rire. Catherine et moi sommes embusqués dans le grenier. Madame Neyrat, faussement désolée, s'avance vers la voiture qui s'arrête. "Vous ne les avez pas trouvés ? Ils sont partis à votre rencontre !" Tizou, épuisé, quitte le volant et va s'asseoir sur le perron : "Moi, je ne joue plus !" répète t'il, la tête prête à éclater. Monsieur Neyrat survient alors, et, d'un ton naturel, apostrophe le groupe: "Mais qu'est ce que vous faites ! Mais qu'est ce que vous faites ! ". Loulou essaye de comprendre ce qui s'est passé et raconte la dureté de leur attente.

Soudain, son visage se détend, elle sourit: "Regardez-les !" s'exclame t'elle. Incrédule, Tizou tourne la tête et nous voit riants dans l'escalier de secours. D'un bond, il est debout. Ces retrouvailles en coup de théâtre effacent un peu leurs mauvais souvenirs. Ma maigreur les frappe beaucoup, mais je suis vivant ! Odette permet l'apothéose en nous groupant autour d'une table. Les émotions se croisent, les souvenirs jaillissent, la vie s'échange, et l'amitié fleurit.

Il reste encore beaucoup de monde à remercier: Henri Soulé, qui m'a initié à la montagne et dont les conseils m'ont servi tout au long de cette marche; Jacques et Solange Humblet, qui furent de précieux compagnons de randonnée, assez fous pour nous accompagner au cours de nos tentatives précédentes; Georges Véron, qui nous encouragea par son exemple, et dont le topo guide m'a permis de vivre une merveilleuse aventure; et tant d'autres, sans oublier mon petit sherpa de femme, qui se dépassa pour être là où il le fallait et quand il le fallait.

Ainsi, cette longue marche solitaire débouche sur des solidarités renouvelées.

 

Commentaires 2008

Le sens des autres retrouvé !