Au fil des pas

 

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Etape 9

 

28 Juillet 1974 - Neuvième étape: Plateau de l'Hers - Peyranère

A la pointe du jour, Jacques me débarque au départ du sentier. Je me sens en pleine forme et le beau temps me rends joyeux.

A vive allure, je grimpe au col de Saoubathou d'où je file vers le lac d'Arlet. Impressionné par ma progression, un berger m'interpelle d'un "Vous marchez !" admiratif. Je me sens heureux au milieu de ces paisibles montagnes, dans cette aurore flamboyante.

Le lac d'Arlet et son refuge se découvrent soudain à mes yeux. Je les évite pour mieux les contempler.

Ma progression régulière vers Peyranère, but de cette étape, me rend serein, m'ouvre au charme des paysages. Le sentier ondule à travers pâturages et forêts, tantôt ensoleillé, tantôt ombragé; il descend en cascade ou bien monte d'un saut, il contourne, évite, traverse. Il se déroule à la cadence variée de la marche, il rythme le coeur et les poumons, l'apparition et la disparition d'un paysage. Il hésite dans une pente, ose une traversée ou une escalade, fuit une falaise...

Mais, il ne faut pas manquer l'embranchement vers Sansanet. L'altimètre réclame un moment d'attention. Les feuillages masquent le départ du sentier dans la hêtraie. C'est le bon ! Descente joyeuse vers Sansanet où le Parc National des Pyrénées a installé de jolies tables ombragées flanquées de bancs.

Une halte casse croûte s'impose pour attendre Catherine et profiter de l'endroit, habituellement réservé aux touristes. Mes vêtements sèchent au soleil ardent, tandis que je savoure la fraîcheur des ombrages.

Après avoir repéré un endroit pour camper, Catherine arrive, et je lui confie mes souliers ainsi que le sac à dos pour monter en chaussures légères jusqu'à Peyranère. J'expédie le tronçon goudronné pour trouver le départ du sentier des lacs d'Ayous que je prendrai demain.

Sans tarder, nous allons nous installer dans un pré pour effacer la fatigue accumulée. La ronde d'un hélicoptère transportant du ciment nous distrait un instant. Une cabane se construit autrement dans la montagne. Le gave d'Aspe nous permet un brin de toilette dans un endroit discret.

L'après midi et la soirée passent calmes, en tête à tête.

 

Commentaires 2008

Une étape sans histoire, qui permet la pleine expression des possibilités physiques et laisse le regard se rassasier des paysages, constitue un bon souvenir, mais la montagne est multiple. Mon adaptation d'alors m'apparaît maintenant bien trop limitée aux sorties d'été d'une journée.

 

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