Au fil des pas

 

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Etape 7

 

 

 

26 Juillet 1974 - Septième étape: Port de Larrau - Col de La Pierre St Martin

Lever très matinal pour rejoindre en voiture le port de Larrau. Catherine a décidé de m'accompagner. Tizou, Vivi et Vix fairont aussi un petit bout de chemin avec nous. L'arrivée au port de Larrau est grandiose. Une mer de nuages, dorée par les premiers rayons de soleil, s'offre à nos regards éblouis. Tizou se jette sur sa caméra pour éterniser cette beauté. Et Vix participe à la gaieté générale en gambadant et aboyant.

Nous marchons pleine crête en contemplant les vallées embrumées ou la mer de nuages. Bientôt, Vivi et Tizou nous abandonnent, gardant Vix qui n'apprécie pas cette séparation.

Jusqu'au port de Belhay, nous ne sommes pas certains de l'itinéraire aussi nous marchons bon train. La borne frontière 250 et le sentier horizontal dans la pierraille étant au rendez-vous, nous fêtons la fin de notre incertitude par un casse croute détendu.

Au col de Bimbalette, nous échangeons quelques mots d'espagnol avec un berger, puis nous descendons vers le col d'Ourtayté qui domine les spectaculaires gorges de Kakoueta. Là, un magnifique taureau nous barre le sentier et veut nous prouver qu'il est le maître de l'important troupeau de vaches occupant tout le col. Un contournement prudent s'impose, le regard en biais pour surveiller le seigneur de ces lieux. Nous adoptons l'attitude la plus humble qui soit, et, l'oreille tendue prête à déceler une charge, les jambes au bord du galop, nous passons dans l'indifférence des bovidés. Plusieurs soupirs de soulagement avant de rencontrer le poste frontière espagnol. Celui-ci ne s'intéresse qu'aux véhicules. Nous en profitons pour faire tamponner nos cartes de franchissement de frontière avant d'avaler rapidement les lacets goudronnés de la route qui nous mène au col de La Pierre St Martin.

Un groupe d'enfants s'amuse à nous doubler et nous redoubler au hasard des haltes et des raccourcis. Voici le col, et, sur une butte herbeuse proche, nos ravitailleurs qui s'étonnent de nous voir si tôt. Nous mangeons et buvons en nous racontant les menus évènements de la journée. Vivi et Tizou ont rencontrés des vautours sur un poulain mort et ont réussi à les fimer, peu rassurés.

La fin de la journée se passe à discuter, à installer le campement. Tizou et Vivi, escortés de Vix, escaladent le pic d'Arlas. Nous les suivons...aux jumelles ! Vivi renonce au sommet et s'installe confortablement en attendant le retour des deux alpinistes. Tizou nous revient émerveillé par le pic d'Anie. Vix ne commente pas, mais à sa façon de s'affaler, il semble penser que, tout compte fait, il aurait mieux valu continuer la sieste qu'accompagner la grimpette de ces bouge-toujours.

Nous passons une très agréable soirée à discuter au milieu de notre campement. C'est la dernière fois que nous sommes tous réunis, puisque Tizou, Vivi et Vix rentrent demain en Dordogne.

Commentaires 2008

L'incertitude de l'itinéraire accélère le rythme de la progression, ce qui n'est pas la meilleure façon d'économiser ses forces. L'alternance de tensions et de soulagements donne du relief à l'aventure mais dévore mon énergie, qui aurait été mieux employée dans la contemplation, par exemple.