Au fil des pas

 

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Etape 12

 

31 Juillet 1974 - Douzième étape: Refuge Wallon - Barrage d'Ossoue

Je suis le premier à quitter le refuge après avoir obligé la porte à s'ouvrir. Dehors, il fait très frais et la brume tapisse les vallées.

Je marche vivement pour me réchauffer. Dans le silence matinal, la montée vers le lac d'Aratille ne manque pas de solennité. Tout est calme autour de moi, les arbres paraissent endormis.

Brusquement, je découvre le lac d'Aratille dont la beauté me coupe le souffle. D'un bleu pâle, dans cette aube finissante, surmonté d'une légère écume de brume, il est encore assoupi, et je ne serais pas surpris d'y voir plonger quelque fée ou quelque lutin. Les fées tardant à se montrer, je continue ma montée vers le col d'Aratille, que je cherche à localiser dans une muraille estompée de brume. Le balisage supplée à mes carences et bientôt je rejoins le col d'où partent des balises blanches et rouges vers le col des Mulets. Le balisage est tellement énergique que je me fais l'impression d'être un avion se préparant à se poser sur une piste d'atterrissage, mais le terrain caillouteux empêche ce rêve de prendre des ailes !

Au col des Mulets, la descente vers le refuge des Oulettes est saisissante. C'est une véritable plongée au cours de laquelle j'essaie une timide glissade sur névé, une "ramasse", en m'équilibrant avec le piolet.

Arrivé sur le plateau des Oulettes, après avoir contemplé à loisir la puissante muraille du Vignemale, je casse la croute près du torrent. J'ai de l'avance sur l'horaire prévu, le temps est beau, l'appétit s'en ressent: je dévore !

Armé de nouvelles forces, je monte avec le sentier de grande randonnée GR 10 jusqu'à la hourquette d'Ossoue, fasciné par le couloir de Gaube et la face Nord de la Pique Longue. Quelques promeneurs me cèdent le pas.

Très vite, je dépasse le refuge en tonneau de Baysselance et me laisse glisser vers le barrage d'Ossoue. Quelques minutes avant d'arriver, je rencontre Catherine qui, sac au dos, espérait bien voir le refuge. Ce sera pour une autre fois !

Avant midi, nous cassons la croute à proximité du barrage d'Ossoue. Catherine a repéré le campement vide de Jacques et Solange au-dessus de Gavarnie. Les souvenirs se pressent et les langues ne chôment pas. Repas du soir en commun et l'on se quitte pour aller dormir.

Le beau temps sera-t'il toujours au rendez-vous de ces longues étapes ?

 

Commentaires 2008

Les sentiers bien entretenus et balisés facilitent grandement la marche en montagne et la contemplation de sites grandioses, mais ce confort ôte beaucoup de mystère et de sauvagerie aux lieux visités. Nous devenons des touristes, plus ou moins sportifs, impuissants à communier vraiment avec ces contrées domestiquées.