Cauchemar

Quelle est cette inconnue au visage serein

qui surgit du désert et vient sur mon chemin ?

Est-ce la main de Dieu ou celle du destin

qui a poussé par là son beau pas souverain ?

 

A moins que ce ne soit l'empreinte du malin !

Car je connais sa voix et son visage aussi

Ma veuve consolée, ainsi donc te voici !

Je me croyais vivant, je meurs une autre fois

car je sais maintenant avoir perdu la foi.

Sans larme au coin des yeux, sans trouble dans ta voix,

j'ai cessé d'être aimé, je ne suis plus ton roi !

 

Une perle, sans bruit, de ses cils est tombée,

et sa graine d'espoir dans mon coeur a germé.

Parle, je t'en supplie, oh ma belle étoilée,

j'ai besoin de goûter ce que tu tiens scellé !

 

Sa bouche s'est fermée, son regard s'est voilé,

et son pas en douceur s'est écarté du mien.

J'ai beau la regarder, je ne comprends plus rien !

 

Il n'est pire tourment pour l'amoureux transi

qu'un sourire muet qui épaissit la nuit !



C . T